20 août 2005
La folle histoire de l'espace!
H2G2 : le guide du voyageur galactique
de Garth Jennings
Le film en détails :
Genre : Science fiction, Comédie
Synopsis : Sale
journée pour le Terrien Arthur Dent. Sa maison est sur le point d'être
rasée par un bulldozer, il découvre que son meilleur ami, Ford Prefect,
est un extraterrestre et pour couronner le tout, la Terre va être
pulvérisée dans quelques minutes pour faire de la place à une voie
express hyperspatiale.
Arthur a une chance de survivre, mais il doit pour cela se faire
prendre en stop par un vaisseau spatial, avec l'aide de Ford. Sa plus
grande aventure va commencer au moment où notre propre monde
disparaît... Arthur se jette dans l'inconnu et entame un délirant
périple au cours duquel il va découvrir la véritable nature de
l'univers.
Durée : 1h48
Sortie cinéma française : 17 août 2005
Nationalité : Film américain
Tous publics
Avis :
Cet été, la terre aura été très convoitée par les extraterrestres! Ainsi, après avoir subit une invasion apocalyptique dans La guerre des mondes de Steven Spielberg, sorti en juin dernier, les extraterrestres se remanifestent et cette fois-ci décident simplement de détruire ce que l'on appelle la planète bleue, dans la comédie de science-fiction H2G2 : le guide du voyageur galactique, produite par les studios Touchstone Pictures et Spyglass Entertainment et insiprée du roman de Douglas Adams, célèbre mondialement, excepté en France.
H2G2 : le guide du voyageur galactique
apparaît, tout d'abord, comme une oeuvre véritablement originale,
marginale et bien loin de ce que nous offre les studios hollywoodiens
d'ordinaire. Cette originalité semble d'ailleurs le principal intérêt
du film, d'autant plus que ce dernier innove véritablement dans le
genre de la science-fiction et nous propose une oeuvre totalement
décalée et loufoque.
Bien loin de tous les films de science-fiction habituels, H2G2 nous propose donc une vision inédite de l'univers, sans pourtant oublier les clins d'oeil à des films du genre tels que Star Wars, Dune ou Star Trek.
H2G2 réussi, en effet, à se présenter comme un film de science-fiction vraiment très original autant par son scénario que dans sa narration. Le film plonge ainsi le spectateur dans une histoire complètement déjantée, loufoque et rédigée avec énormément de créativité et d'inventivité. Le spectateur ne cesse d'être surpris par les éléments, les personnages et les situations les plus fous et les plus folles tirée d'une imagination débordante qui semble puiser son inspiration de films cultes, mais se plaît à les tourner en dérision et à les parodier.
Cette imagination qui n'a pas de limite et particulièrement originale,
convient bien à l'idée que l'univers est immensément grand et que notre
esprit ne peut définir ce qu'il en est véritablement, sa grandeur, ses
surprises ou simplement ses formes de vie. Il est donc très intéressant
de voir une telle imagination créer toute sorte de choses aussi
exubérantes que curieuses puisque après tout comment pourrait-on
imaginer quoique se soit avec un esprit si septique et si fermer que
celui de l'humain.
Mais malheureusement, l'esprit bien loufoque et son ambiance si
particulière font chavirer le film dans l'étrange et prend l'apparence
d'un film bizarre que l'on ne voit pas forcément avec beaucoup
d'amusement d'autant plus que le film traîne souvent en longueur et
finit par ennuyer.
Cet ennui pourrait largement être rattrapé par le côté humoristique
omniprésent du film, mais cet humour est tout aussi loufoque que
celui-ci et frôle même très souvent le ridicule. Ce qui fait qu'au
final, le spectateur ne rit jamais et ne s'amuse que rarement devant
les situations rocambolesques, absurdes et ridicules. Le ton comique
n'est donc jamais à la hauteur et l'aspect parodique du film qui
caricature les films de science-fiction apparaît très souvent comme
lourd et indigeste.
Heureusement que la narration du film est particulièrement comique et que l'ensemble du film qui s'accompagne du Guide du voyageur galactique pour d'éventuelles explications et pour expliquer le déroulement du film, se montre hilarant.
De plus, H2G2
séduit également grâce à la note de cynisme, très présente durant tout
le film, qui remet discrètement en cause la société, mais surtout qui
montre bien sa volonté de ne rien respecter du tout et de passer outre
les conventions, la morale et de faire l'inverse des films habituels.
La religion est, par exemple, largement remise en cause et elle
n'apparaît que par le biais de la caricature et du ridicule.
Mais si H2G2
semble se diriger dans toutes les directions sans queue ni tête et en
faisant n'importe quoi, le film aborde, au contraire, quelques thèmes
universels et se révèle comme une oeuvre philosophique qui s'intéresse
aux questions existentielles dont chaque être humain s'interroge telles
que le sens de la vie ou la raison de la vie. Cette philosophie n'est
bien évidemment que discrètement abordée, mais prouve que sous les
multiples éléments débiles du film, se cache une réelle réflexion.
Si le film semble se rapprocher des parodies aussi débiles que laides (genre Scary Movie) par son humour idiot et ridicule, H2G2
surprend et se dévoile comme un film visuellement magnifique. Le
spectateur est tout autant séduit et ébloui par les effets spéciaux
parfaitement réalisés de H2G2, qui se composent d'un univers visuel sublime et bluffant, que n'importe quel film du genre tel que Star Wars.
On peut également noter que la photographie est magnifique et très
colorée malgré sa prédominance de noir (l'espace). Finalement, avec
toutes les réalisations de clip que je n'ai pas arrêté de descendre
dans de nombreux films récents, on peut préciser que la réalisation
est, ici, parfaite et tout aussi belle que la photographie. Le rendu
visuel est donc épatant.
La présence de quelques bons acteurs tels que Sam Rockwell (La Ligne verte, Les Associés), délirant dans la peau d'un empereur schizophrène, John Malkovich (Jeanne d'Arc, Johnny English), en drôle de méchant ou encore Mos Def (Braquage à l'italienne), sympathique en extraterrestre installé sur terre, ajoute encore de l'intérêt à ce film.
Malheureusement, H2G2 : le guide du voyageur galactique
n'arrive jamais à captiver le spectateur et l'on risque de s'ennuyer
ferme devant ce film parfois très ridicule et qui semble s'inspirer de
l'humour des Monty Python.
En deux mots : Garth Jennings signe un premier film véritablement original et qui ne respecte aucune convention.
H2G2 : le guide du voyageur galactique
se révèle comme une comédie de science fiction très inventive et dont
l'imagination est à l'image de l'écrivain du livre dont le film
s'inspire. Le film est, de plus, très beau visuellement et se montre
épatante et éblouissant dans ces magnifiques images et ses décors
somptueux. H2G2
se dévoile d'autant plus intéressant qu'il aborde discrètement quelques
idées philosophiques et ne respecte rien : Ni la religion, ni la morale.
Mais le film se montre particulièrement réussi par le fait d'avoir
réussi à épargner le spectateur de toute notion manichéenne, en
n'évitant de créer des méchants très méchants et des gentils très
gentils, ou des personnages caricaturaux. Il est pourtant très facile
de tomber dans ce schéma dans ce genre de films.
Malheureusement, H2G2 : le guide du voyageur galactique
ne parvient jamais à faire véritablement rire tant son humour est
ridicule et absurde. Le film ne captive jamais véritablement et se
montre parfois très ennuyeux. C'est vraiment dommage. Malgré toutes ses
qualités, H2G2 se montre bien décevant, surtout en raison de son ambiance loufoque et son humour idiot.
Je ne voulais mettre que 2/5 parce que je ne me ni divertit, ni vraiment beaucoup amusé. Mais, en raison de toutes ses qualités, il me semble que 3/5 semble plus justifié.
Note film : 3/5
19 août 2005
Le clone de Ewan McGregor!
The Island
de Michael Bay
Le film en détails :
Genre : Science fiction, Action
Synopsis : D'ici quelques décennies...
Lincoln Six-Echo et sa camarade Jordan Two-Delta font partie des
centaines de Produits d'une immense colonie souterraine où la vie est
étroitement surveillée et régie par des codes très stricts. Le seul
espoir d'échapper à cet univers stérile est d'être sélectionné pour un
transfert sur "l'Île". A en croire les dirigeants de la colonie, l'Île
serait le dernier territoire à avoir échappé à la catastrophe
écologique qui ravagea notre planète quelques années auparavant et en
rendit l'atmosphère à jamais irrespirable...
Lincoln, comme la totalité de ses congénères, a longtemps cru à ce
paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents troublent
ses nuits, et le jeune homme commence à s'interroger sur le sens de sa
vie et les restrictions faites à sa liberté.
Poussé par une curiosité tenace, Lincoln découvre bientôt l'atroce vérité...
Durée : 2h15
Nationalité : Film américain
Tous publics
Avis :
Le spectateur avait largement de quoi s'inquiéter vis-à-vis du résultat du nouveau film de Michael Bay. En effet, entre l'échec aux Etats-Unis de The Island et le cinéaste Michael Bay aux commandes de ce blockbuster, qui nous a habitué à des films où l'on ne se soucie pas du scénario au profit de l'action ininterrompue tels que Bad boys, Armageddon ou Rock, on imaginait le pire pour ce film qui réunit tout de même Ewan McGregor et Scarlett Johansson.
Pourtant, The Island
ne se montre pas aussi catastrophique que l'on pouvait le croire. Ce
film se dévoile même comme une très bonne surprise et comme un film où
l'on peut très facilement énumérer les qualités.
On peut notamment très largement se satisfaire du scénario qui se
dévoile très intéressant et véritablement palpitant du début à la fin.
En effet, alors Michael Bay nous signait systématiquement des films complètement vide et sans consistance, The Island
se compose d'un scénario particulièrement bien ficelé et, de plus,
agrémenté d'une petite réflexion. Ainsi, l'histoire captive sans
difficulté le spectateur qui est autant pris par l'intrigue générale
que par son thème du clonage, très bien abordé.
Malheureusement, si le thème du clonage est bien abordé et offre au
spectateur une vision relativement inhumaine de l'homme, prêt à tout
pour la vie éternelle, le scénario ne survole finalement que
superficiellement ce thème et semble tomber dans la facilité et la
simplicité pour nous offrir un film où l'action est très présente et où
les cascades sont éblouissantes.
Ainsi, si le film perd en intérêt au niveau de son scénario, qui tient
tout de même largement la route, il gagne en efficacité et évite tout
risque d'ennuyer le spectateur.
Il est vrai qu'il est dommage de voir un scénario si brillant à la base
s'effondrer devant le souhait de placer une surenchère d'action. Mais,
il faut admettre que l'action est omniprésente et que celle-ci offre au
spectateur des cascades véritablement impressionnantes et hallucinantes
qui ont largement de quoi épater le spectateur.
Ces cascades sont d'autant plus réussies et impressionnantes qu'elles sont magnifiquement chorégraphiées et tournées dans de très beaux décors désertiques américains ou dans une ville futuriste bien imaginée. Ce lot d'action et de cascades n'est malheureusement pas mis en valeur par son image, encore plus hideuse que ce que Bay nous avait habitué jusque là. En effet, comme à son habitude, le cinéaste dirige la caméra comme un pied et aboutit à une réalisation tout aussi épileptique que d'habitude. En plus de cette réalisation hyper nerveuse qui multiplie des plans ultra courts de maximum une seconde, cette réalisation se situe dans la lignée de celles que l'on peut observer fréquemment actuellement et que personnellement, je n'apprécie pas du tout. A savoir une réalisation moche, qui bouge beaucoup, digne de téléfilms et d'une parfaite imprécision. Tout comme dans Les 4 fantastiques ou dans Mr and Mrs Smith, le rendu visuel est dénué de toute beauté, l'image est très souvent floue, hideuse et dépourvue de belles couleurs. Inutile d'espérer voir une belle photographie dans un tel film où l'image est déjà entièrement endommagée par ce genre de réalisation très laide. Malgré son scénario très intéressant et qui pousse à la réflexion, vous ne sortirez pas de la salle avec un énorme mal de tête pour avoir trop forcé vos neurones à force réfléchir, mais bel et bien à cause de cette réalisation accompagnée d'une caméra magnée comme un manche à balais et d'un lot d'action si intense que la boîte d'aspirine se suffit pas.
Cette réalisation très nerveuse et épileptique est l'un des principaux défauts du film. A côté de cela, les effets spéciaux sont simplement magnifiques et très soignés. Mais, le film n'ennuie jamais grâce à au suspense très intense qui règne durant pendant les deux heures de projection. Ce suspense est maintenu par l'évasion de deux clones qui sont poursuivis par l'entreprise qui les a créé. A partir de là, s'enchaîne une course poursuite absolument palpitante et angoissante qui plonge le spectateur dans une grande tension, même s'il n'est bien évidemment pas difficile comment cette course poursuite va se terminer et les conséquences qu'elles vont engendrer. Le film reste en effet, très prévisible, mais il n'en demeure pas moins un film très prenant.
Le choix du castin est excellent et se montre également comme l'une des qualités du film. Pour nous accompagner dans cette oeuvre angoissante, on retrouve Ewan McGregor (Big fish, Star wars : épisode III - La Revanche des Sith) qui nous éboui avec sa prestation magistrale et talentueuse où il incarne un clone à la recherche de son identité. Il est vraiment très convaincant et parvient sans difficulté à transmettre chacune de ses émotions au spectateur. A ses côtés, la brillante Scarlett Johansson (Lost in translation, En bonne compagnie) est toujours aussi sublime et son interprétation est très talentueuse également, mais son jeu semble bien transparent comparé à celui de Ewan McGregor. On peut encore noter la présence de bons acteurs tels que Steve Buscemi (Les Ailes de l'enfer, Big fish) et Sean Bean (Troie, Benjamin Gates et le trésor des Templiers), tous deux à la hauteur.
The Island nous ébloui encore par son ambiance sonore impeccable et sa bande originale vraiment belle et entraînante.
On peut encore apprécier la vision pessimiste du clonage qui nous fait
amplement réfléchir et même si le cinéaste ne s'engage pas trop, le
message sans doute trop moralisateur est clairement présent et dit
aussi simplement : "méfions-nous de cette science et ne se prenons pas
pour dieu en créant des êtres humains".
En effet, ce message n'est pas très original, mais il n'a pas pour but
de protéger l'homme, mais il dénonce bel et bien ce que l'homme est
capable de faire autant pour l'argent que pour bénéficier d'une vie
plus longue. Et c'est là où le film est très intéressant, il ne montre
pas l'homme sous son côté humain, mais sous son côté opportuniste et
très largement corrompu par l'argent. The Island
semble d'ailleurs nettement faire comprendre que ce n'est pas l'homme
qui est le plus humain, mais le clone qui possède le plus d'humanité.
Serait-ce la raison de cet échec aux USA?
En deux mots : The Island est loin d'être le navet annoncé. Il apparaît même comme un film très réussi, captivant, intéressant et angoissant.
Michael Bay
signe son meilleur film avec ce thriller d'anticipation. Bien
évidemment, le cinéaste choisit parfois la facilité dans son histoire
et n'oublie pas d'inclure son lot d'action habituel, mais The Island
reste, tout de même, un film où l'histoire existe belle et bien et qui
sensibilise le spectateur autant sur le thème du clonage que sur la
nature humaine.
Il est vraiment dommage de voir le spectacle gâché par une réalisation
hideuse et épileptique où le spectateur gagnera à la fin une migraine
assurée.
Un très bon film tout de même.
Je ne vais pas pénaliser The Island pour sa réalisation horrible parce que j'ai passé un très bon moment devant le film et que pour une fois, Bay réalise un film au scénario intelligent et pas abrutissant.
Note film : 4/5
15 août 2005
Owen Wilson et Vince Vaughn se tapent l'incruste!
Serial Noceurs
de David Bobkin
Le film en détails :
Genre : Comédie, Romance
Synopsis : John et Jeremy adorent s'inviter aux mariages de
parfaits inconnus, profiter de la table, du bar et des jeunes filles qui sont
toujours plus romantiques ces jours-là. Leurs méthodes sont infaillibles et
leur palmarès impressionnant.
Lorsqu'ils apprennent que la fille de William Cleary, un haut fonctionnaire, va
se marier, l'occasion est trop belle. Cette incruste-là sera leur
chef-d'oeuvre, l'éclate totale au milieu du gratin à qui ils vont encore
raconter n'importe quoi.
Pourtant, cette fois, les choses dérapent...
Durée : 2h00
Sortie cinéma française : 10 août 2005
Nationalité : Film américain
Tous publics
Avis :
Owen Wilson est avec Ben Stiller,
l'un des acteurs comiques les plus appréciés à Hollywood et accumule
les comédies. On retrouve, bien souvent, l'acteur dans des comédies
reposant sur des duos. Ainsi, après avoir formé des duos avec Jackie Chan dans Shanghaï kid et sa suite, avec Ben Stiller dans Zoolander et Starsky et Hutch ou encore avec Eddie Murphy dans la comédie d'espionnage Espion et demi, Owen Wilson fait son retour avec l'acteur Vince Vaughn pour composer le nouveau duo de comique dans le film Serial noceurs, produit par les studios New Line Cinema et réalisée par David Dobkin.
Il est évident que devant le scénario éculé et ultra prévisible de Serial Noceurs,
l'histoire ne se démarque ni par son originalité ni par ses surprises.
Au contraire, dès le départ, le spectateur sait de quelle manière va se
dérouler le film et il n'est d'ailleurs pas difficile non plus de
prévoir comment celui-ci va se terminer et quels personnages vont se
tomber dans les bras.
Cependant, lorsque l'on va voir un tel film, on sait pertinemment que
l'histoire ne va pas briller par son inventivité ou par son
originalité, d'autant plus que la bande annonce nous indiquais
clairement le ton du film et son histoire simpliste et qu'il est rare
de voir une comédie romantique qui n'ait pas un air de déjà vu.
A partir du moment où l'on sait à quoi s'attendre, il ne faut pas tenir
compte des clichés du genre comme le baiser amoureux sur la plage,
certains personnages caricaturaux ou des passages imprégnés de
sentimentalisme, car même s'ils peuvent exacerber et donner
l'impression d'être dans un film aussi mièvre que dénué d'intérêt, Serial Noceurs comporte des qualités qui sont loin d'être dérisoires.
Tout d'abord, le film se compose du duo d'acteur Owen Wilson/Vince Vaughn
qui se révèle simplement irrésistible et qui fonctionne à merveille. Ce
duo offre au spectateur quelques passages hilarants et transmet autant
de bonne humeur que de joie, largement amplifiées par une authenticité
dans la relation des deux personnages qui ne sont, nul ombre d'un
doute, le résultat à l'écran de la complicité entre les deux acteurs.
Mais la véritable réussite du film se dévoile dans le ton humoristique
qui ne faillit jamais, mais qui se révèle bien plus drôle et osé que
dans les comédies romantiques habituelles. Ainsi, si le film n'apparaît
guère original par son scénario ou son thème, le spectateur entre sans
problème dans l'esprit complètement fou du film où entre les situations
abracadabrantes, les gags délirants et certains passages
rocambolesques, les fous rires sont assurés du début à la fin. Le
spectateur est encore amusé au plus au point devant la famille
totalement déjantée que doivent affronter les deux compères. Entre la
"vielle folle", la mère désemparée et dépressive, la père un tantinet
menaçant, la soeur nymphomane, le frère aussi caricatural dans son côté
artistique de peintre que dans son côté soit disant homosexuel, ou le
petit copain violent et effrayant, le spectateur n'a que peu de répit
pour se reposer et reprendre son souffle avant de retomber dans le
délire et l'hilarité la plus profonde.
En effet, cette famille Grey un peu folle n'est pas sans rappeler la famille Furniquer dans Mon beau-père, mes parents et moi,
mais ici, le spectateur rit encore plus et si l'humour est parfois
exagéré et douteux, il ne s'en révèle pas moins très efficace.
Quoi pouvait-on espérer de mieux pour incarner cette famille foldingue
que des acteurs biens choisis et qui semblent tout aussi fous comme le
grand Christopher Walken (Et l'homme créa la femme, Man on fire), habitué au rôles de cinglés, qui incarne ici le papa gâteux ou la sublime Rachel McAdams (N'oublie jamais, Lolita malgré moi) dont chaque prestation est épatante et qui ne manque pas de charisme.
On ne retrouve à leurs côtés que majoritairement des acteurs de séries télévisée tels que Bradley Cooper loin de son rôle dans Alias ou Jane Seymour (ancienne actrice des années 1960/80 repêchée par différentes séries telles que Smallville) irréprochable dans son rôle de mère en manqua d'attention.
Mais la palme revient, bien sûr, à Owen Wilson (Armageddon, Starsky et Hutch) et Vince Vaughn (Même pas mal ! (Dodgeball), Mr and Mrs Smith) aussi drôles l'un que l'autre et parfait dans leur rôles respectifs.
Finalement on peut noter la courte mais délirante participation de Will Ferrell (Elfe, Melinda et Melinda).
On pourrait bien évidemment reprocher au film le happy end et sa
morale, mais si dès le départ, on connaît le genre du film, on peut
faire abstraction de ces détails.
Il est en revanche bien plus difficile de ne pas tenir compte de la
réalisation, véritablement hideuse. S'il n'est déjà pas agréable de
voir dans des films d'action, des réalisation de clip et d'une grande
imprécision, il est encore moins agréable de voir une telle réalisation
dans les comédies romantiques. L'image n'est donc ni chaleureuse, ni
douce, ni même belle. L'image est en plus moche et ne convient pas du
tout aux comédies romantiques censées êtres colorées et rassurantes.
Heureusement, l'ensemble est rehaussé par de très beaux mouvements de
caméra, mais la fadeur et la froideur de l'image générale apparaît
comme l'un des gros défauts du film.
En deux mots : Serial noceurs
est une comédie romantique sans prétention qui n'a pour seul but que de
faire rire et sur ce point, c'est très réussi. On est hilare pendant
tout le film et la bonne humeur est transmise au spectateur avec brio
par les acteurs Owen Wilson et Vince Vaughn, tous deux irrésistibles.
Après avoir réalisé Shagaï Kid II, le cinéaste David Dobkin
signe, avec cette comédie, un pur moment de divertissant très agréable,
non par son originalité mais ses situations hilarantes et ses
personnages aussi hétérogènes que loufoques.
Le tout est agrébalement accompagné d'une musique magnifique qui
s'associe à la perfection au film et dont on retient des airs très
entrainants.
L'un des films les plus drôles de cet été et un moment d'euphorie assuré!
Note film : 4/5
14 août 2005
Le chocolatier excentrique!
Charlie et la chocolaterie
de Tim Burton
Le film en détails
Genre : Comédie, Fantastique
Synopsis : Charlie est un enfant issu d'une famille pauvre.
Travaillant pour subvenir aux besoins des siens, il doit économiser chaque
penny, et ne peut s'offrir les friandises dont raffolent les enfants de son
âge. Pour obtenir son comptant de sucreries, il participe à un concours
organisé par l'inquiétant Willy Wonka, le propriétaire de la fabrique de
chocolat de la ville. Celui qui découvrira l'un des cinq tickets d'or que Wonka
a caché dans les barres de chocolat de sa fabrication gagnera une vie de
sucreries.
Durée : 1h56
Sortie cinéma française : 13 juillet 2005
Nationalité : Film américain
Tous publics
Avis
Adepte de la bizarrerie et du loufoque , le cinéaste à l'imagination débordante , Tim Burton, nous a déjà présenté le côté glauque de son esprit dans Beetlejuice, L' Etrange Noël de M. Jack ou bientôt dans Les Noces funèbres, sa vision sombre et très fidèle de la BD Batman ou son imaginaire fantasque et fantastique comme en témoignent les films Mars Attacks!, Sleepy Hollow ou Big Fish.
Après s'être essayé à la réalisation plus classique, moins personnelle
et visant un plus large public avec la décevante production La planète des singes et le très touchant Big Fish, Tim Burton revient avec une oeuvre totalement décalée et farfelue : Charlie et la chocolaterie. Ce film légèrement fou, adapté d'un roman et déjà porté à l'écran, nous propose dans le rôle principal un johnny Depp drôle et déjanté.
Tout d'abord, Charlie et la chocolaterie se dévoile comme une merveille visuelle qui nous transporte en plein milieu de décors sublimes, très colorés et d'une créativité épatante. Le spectateur est d'abord plongé dans une ambiance sordide et sombre où l'on fait la connaissance d'un jeune garçon pauvre nommé Charlie et de sa famille. Si les décors sont, à ce moment, très sombres et presque misérables pour insister sur la situation délicate de Charlie et de sa famille, on est pourtant déjà émerveillé par les magnifiques images d'une ville enneigée aussi loufoque qu'irréaliste. Les images sont donc splendides et nous montrent une ville sombre à la limite du crasseux et pourtant qui semble si paisible. L'aspect farfelu s'accroît pourtant lorsque l'on voit la maison de Charlie, qui sous peine de nous faire sourire par son architecture bancale et particulièremet tordue, un peu à la manière de la maison Jenny dans Big fish ou de la cabane hurlante dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, ne se révèle encore comme un moyen d'insister sur la misère dans laquelle la famille da Charlie se trouve, qui est justement dans l'incapacité de trouver un logement plus sûr ou d'y effectuer les travaux nécessaires. Dans cette maison, pourtant si misérable et effrayante, on s'y sent bien notamment grâce à une famille soudée et un amour très présent. Et puis, devant cette architecture difforme, le spectateur se sentira partagé entre le sentiment d'étrangeté et celui d'admiration face à la beauté de ces décors et de cette maison mystérieuse mais pourtant si attachante.
La photographie sombre et les décors sordides s'effacent lorsque le
spectateur pénètre dans la chocolaterie en même temps que les cinq
enfants accompagnés d'un parent. Ici, nous sommes dans un autre monde
et presque une autre dimension où magie et féerie sont les principaux
éléments. A ce titre, le spectateur est plongé dans un univers très
coloré, bien plus surréaliste que la maison de Charlie et on se retrouve quasiment dans un univers de dessin animé, d'ailleurs plus proche du Tex Avery que du Disney.
Les décors sont sublimes et nous émerveillent véritablement jusqu'à
nous envahir d'une joie immense qui ne vous quittera que lorsque le
générique de fin apparaîtra. Il règne, ici, une ambiance kitch qui
donne à ces décors roses bonbon une impression de voler en plein rêve.
La chocolaterie se montre donc comme un véritable lieu de rêve où les
décors extravagants et si beaux sont très riches et dont chaque élément
mérite qu'on s'y intéresse.
Après un premier passage au pays des rêves dans ce lieu excentrique, il
y a presque une rupture lorsque l'on observe le reste de cette usine à
chocolat. On passe d'une ambiance douce et acidulée comme un bonbon à
une ambiance High Tech moderne très bien imaginée qui nous surprend
toujours autant dans ses décors toujours aussi inventifs et sublimes.
La photographie est maintenant plus froide, comme la science nous
semble plus éloignée et moins rassurante q'un beau rêve, mais à côté de
cet aspect scientifique et moderne, la magie et la féerie sont toujours
bien présentes et on le ressent dans les décors toujours très
chaleureux.
D'un point de vue artistique, Charlie et la chocolaterie
se montre largement à la hauteur et nous surprend avec des images aussi
belles que magiques. Les décors sont de toute beauté et la photographie
douce et sucrée comme Willy Wonka nous laisse rêveur. N'ayons pas peur d'utiliser des termes culinaires ici. Charlie est la chocolaterie
est d'une beauté visuelle époustouflante et apparaît comme une gâterie
sucrée et acidulée pour nos yeux. C'est merveilleusement beau!
Ces décors aussi étranges et magnifiques ne sont là que pour
accompagner une histoire tout aussi étrange et magnifique. En effet, le
film se montre très prenant dès les premières minutes et l'on s'attache
rapidement au héros du film qui n'est autre que Charlie. Si l'histoire se montre rapidement captivante, c'est notamment grâce à son scénario plutôt original et brillamment rédigé. Charlie et la chocolaterie
se compose d'une touche de folie qui ne quitte jamais le film et d'un
humour savoureux qui tantôt semble bien bêta et puéril et tantôt nous
surprend par sa subtilité et nous fait sourire. Cet humour étrange et
cette histoire farfelue ne sont pas grand chose comparé aux personnages
relativement excentriques et extravagants que l'on peut voir dans le
film. Lorsque je parle de personnages excentriques, je pense bien
évidemment avant tout, à Willy Wonka, le propriétaire de cette chocolaterie vraiment loin d'être ordinaire. Ce Willy Wonka
est un personnage très extravagant, et c'est lui qui apporte cette
touche magique au film et qui maintient l'intérêt du début à la fin
notamment grâce à son humour hilarant ou son côté déjanté et
complètement fou.
Ce personnage irrésistible est incarné avec une folie particulièrement
bien interprétée et une sensibilité parfaite par le grand Johnny Depp que l'on ne présente plus et qui est en collaboration avec Tim Burton pour quatrième fois après avoir joué dans Edward aux mains d'argent, Ed Wood et Sleepy Hollow. On peut applaudir l'acteur qui est méconnaissable et qui s'est transformé en sosie Marilyn Manson
pour l'occasion, mais qui contrairement au chanteur ne nous effraye pas
mais nous interroge à cause de son étrangeté et nous attendrit avec sa
relation père/fils presque inexistante.
Dans la lignée des personnages imaginaires très drôles, farfelus et qui
apportent au film une note de féerie et d'humour, c'est bien évidemment
les hommes lilliputiens (wompa wompa je crois?) qui sont eux aussi
irrésistibles et semblent totalement givrés. Ils se mettent à chanter à
plusieurs reprises et nous font une petite parodie de la publicité Evian qui ne manque pas d'originalité. C'est vraiment très amusant.
Ces deux personnages sont les plus étranges. Mais, ils sont accompagnés
de cinq enfants et de leurs parents dont quelques uns se montrent assez
comiques. On retrouve une fille à papa so british, l'américain moyen
accroc au jeux vidéos, l'américaine tip top blonde, tip top arrogante,
l'allemand typique avec son bier bauch (gros ventre) et son accent
insupportable et finalement le garçon pauvre mais attachant.
Si les personnages sont propices à des situations hilarantes et
quelques gags, chaque personnage est un condensé de stéréotype et
accumule les clichés. Si il est drôle de voir ces enfants se tourner au
ridicule au début, ça devient rapidement lassant et l'on est bien déçu
de voir Tim Burton
se laisser aller dans la facilité des clichés. Bien évidemment, le
réalisateur utilise ces stéréotypes afin de pouvoir faire une satire de
la société et de la situation actuelle des jeunes. Il critique ainsi
les enfants pourris gâtés par les parents et ceux dont l'esprit est
lobotomisé par les jeux vidéo qui banalisent la violence et rendent
agressifs le comportement. Mais si ces intentions sont louables, les
clichés sur l'Allemand moyen par exemple n'en demeurent pas moins
insupportables, de mêmes que les autres innombrables clichés.
De plus, le film finit par agacer à cause de son côté moralisateur qui
empeste et qui transmet des valeurs bien américaines du genre, l'argent
ne fait pas le bonheur, les parents doivent mieux s'occuper de leurs
enfants et ne pas les gâter, il faut limiter voire éviter toute sorte
de jeux vidéo (...). Il est dommage de voir un tel film si beau
visuellement et si original scénaristiquement tomber dans les clichés
les plus ordinaires et la morale digne des films Disney.
Cependant, Charlie, personnage très stéréotypé
également, se montre très attachant et c'est avec un immense plaisir
que l'on suit les aventures de ce jeune garçon sensé dont la vie est
loin d'être rose et qui pourtant va changer du jour au lendemain. Il
visitera la chocolaterie en abusant de rien, grâce à l'éducation qu'il
a reçu de parents pauvres mais presque parfaits (Oh tient, un cliché)
posant les questions qui vont faire ressurgir de vieux souvenirs au
chocolatier. Et alors que tous les autres enfants vont finir par se
faire avoir par leurs propres envies et leurs péchés, Charlie va rester toujours aussi gentil. Si l'on reste dans la facilité, Charlie
se montre très attachant et sensible durant tout le film, on ne
reprochera donc pas son côté "pauvre mais angélique", mais au contraire
on en admirera les qualités face à tous les autres enfants ingrats. Cet
enfant se montre encore plus touchant et plus sympathique grâce
l'interprétation tout en finesse et avec beaucoup de sensibilité de Freddie Highmore. Si la presse, les cinéastes et encore beaucoup d'autres considèrent Dakota Fanning (Trouble jeu, La guerre des mondes) comme la petite actrice prodige du moment, on pourrait également largement attribuer ce statut à l'acteur Freddie Highmore (Deux frères, Neverland) dont chaque prestation nous laisse sans voix. Il est quant à lui, le petit acteur prodige du moment.
Charlie et la chocolaterie est donc une oeuvre
visuelle remarquable. Mais, ce film s'accompagne de plus d'une musique
grandiose et magnifique qui amplifie cette impression de se trouver en
plein rêve. Cette réussite sonore et musicale est composée par Danny Elfman, compositeur habitué de Tim Burton, mais qui est aussi à l'origine des sublimes bandes originales de Spider-Man ou Family Man.
Dans une moindre mesure, le film comporte un peu d'émotion qui passe surtout par les liens familiaux comme ceux de Charlie et ses parents et grands-parents vivants tous ensemble et qui lui apportent beaucoup de soutient, mais aussi ceux de Willy Wonka qui entretient des relations difficiles avec son père, incarné par Christopher Lee (Le seigneur des anneaux, Les rivières pourpres 2). Le réalisateur nous avait déjà interpellé avec des relations père/fils plutôt mauvaises dans Big Fish. On peut bien évidemment faire le rapprochement entre ces relations tendues dans les films et dans la réalité où Tim Burton, lui même, ne s'entendait pas à la perfection avec son père auparavant.
En deux mots : Charlie et la chocolaterie est un film à l'univers propre à Tim burton
où se mêlent magie, féerie, mystères, curiosité et humour. Ce savoureux
cockail nous est offert avec, en prime, des décors somptueux et de
toute beauté qui donnent à ce film l'impression de rêver tant on est
ébloui par les images très colorées et par un esprit magique et
enchanteur.
Le film devient rapidement passionnant et nous envoûte d'autant plus
qu'il est accompagné d'un brin de folie tout à fait déjanté et hilarant
et d'une musique superbe qui nous émerveille toujours plus.
Le bonheur est à son comble lorsque l'on voit Johnny Depp très à l'aise dans ce rôle taillé sur mesure pour lui comme le livre Charlie et la chocolaterie est taillé sur mesure pour Tim Burton.
On peut regretter que le cinéaste ait choisi la simplicité quant au
caractère stéréotypé de ses personnages et qui s'enlise dans une morale
qui n'a rien à faire dans un film aussi loufoque que Burtonnesque.
Néanmoins, ce film reste une oeuvre réussie, lyrique, belle et très colorée qui nous donnent envie de... Chocolat!
Note film : 4/5
Quand Macauley Culkin tombe dans le côté obscur du cinéma...
Le bon fils
de Joseph Ruben
Le film en détails
Genre : Thriller
Synopsis : Après la mort de sa mère, et le départ de son père
pour des raisons professionnelles, le jeune Mark est confié à son oncle et sa
tante. Il sympathise alors avec leur fils, Henry. Mais ce cousin va bientôt se révéler
sous un jour plus inquiétant...
Durée : 1h27
Sortie cinéma française : 19 janvier 1994
Sortie DVD française : 1er juillet 2004, DVD édtion simple
Nationalité : Film américain
Tous public
Avis
Ayant été propulsé au statut "d'enfant star" après les succès internationaux de Maman, j'ai raté l'avion et sa suite, au début des années 1990, l'acteur Macaulay Culkin s'est rapidement vu offrir de nombreuses propositions de films avant de s'évanouir tout aussi rapidement qu'elles ne s'étaient présentées à lui. Si l'on retient dans la filmographie de l'acteur, surtout ses comédies familiales et ses rôles d'enfants fort sympathique, il nous étonne pourtant, en 1994, en apparaissant au casting du thriller, Le bon fils, où il n'incarne, cette fois, pas le gentil et charmant garçon de l'histoire.
Le bon fils
apparaît rapidement comme un thriller aux qualités incontestables. Tout
d'abord, bien que scénario semble, à première vue, loin d'être d'une
grande originalité, il n'en demeure pas moins très bien mené et captive
amplement le spectateur après un démarrage, sans doute, un peu long.
Le film donne dès le départ le ton et plonge rapidement le spectateur
dans une ambiance froide et sinistre. Ce ton lugubre et cette ambiance
sombre s'installent dès la mort de la mère de Mark,
le personnage principal, et se prolonge durant son séjour chez son
oncle où il rencontrera un enfant particulièrement perturbé. Autrement
dit, l'ambiance glaciale et inquiétante ne quitte jamais le film et le
spectateur est submergé par le malaise du début à la fin.
Cette ambiance des moins rassurante est largement amplifiée par un
scénario inquiétant qui impose une certaine tension durant tout le film
et par le personnage de Henry,
sorte de psychopathe pré pubère. Si l'histoire peut sembler vide et se
limite à la méfiance d'un gamin vis-à-vis d'un autre gamin dérangé, le
spectateur n'en est pas moins malmené par un suspense palpitant qui ne
quitte que rarement le film et par une frayeur engendrée par un enfant
machiavélique qui n'inspire que peur et angoisse. Il ne faut d'ailleurs
pas se laisser berner par cet enfant déstabilisant qui fait preuve
d'actes aussi perfides et sadiques que n'importe quel déséquilibré dont
il faudrait absolument se méfier. Le spectateur risque d'autant plus
d'être déboussolé que cet enfant semble véritablement sadique, puis
l'instant d'après, semble sincère et utilise son charme pour séduire.
Mais, il montre ainsi sa véritable personnalité, celle d'un personnage
manipulateur qui ne semble aimer personne d'autre que lui.
Cet enfant cruel se dévoile d'autant plus inquiétant qu'il est incarné à la perfection par Macaulay Culkin (Maman, j"ai raté l'avion, Maman, j'ai encore raté l'avion)
qui nous offre une prestation hallucinante et des plus talentueuses.
L'acteur est véritablement épatant et ne surjoue jamais, mais sait se
montrer, au contraire, menaçant lorsqu'il le souhaite. On est bien loin
de son interprétation bien transparente des différentes comédies qui
n'ont jamais mis son talent en valeur.
Dans la peau de l'enfant sage et qui a compris son petit jeu, on retrouve Elijah Wood (Le seigneur des anneaux, Eternal sunshine of the spotless mind),
qui malgré son jeune âge, joue avec beaucoup de conviction son rôle et
arrive à transmettre avec une grande simplicité toutes ses émotions,
passant de la joie, à la tristesse ou de la terreur à la colère sans
aucune difficulté.
En plus d'une ambiance froide et inquiétante et d'un suspense haletant,
le film bénéficie d'une réalisation plutôt efficace qui filme
brillamment certaines scènes et amplifie le suspense et la frayeur. On
peut tout de même reprocher une mise en scène bien trop classique, mais
largement rattrapée par une photographie plutôt belle qui prolonge le
spectateur dans une profonde angoisse.
Ajouté à cela, on ne peut qu'apprécier les musiques splendides du film
qui tantôt augmentent la tension chez le spectateur tantôt nous laisse
admiratif devant de belles compositions signées Elmer Bernstein.
Bien évidemment, comme dans tous les films de ce genre, les musiques
annoncent un peu trop chaque évènement, mais ça n'est pas bien
dérangeant.
Finalement, on peut bien sûr reprocher au film d'introduire des
personnages bien manichéens avec l'idée du bien et du mal qui se
distinguent sans difficulté, mais l'ensemble est plutôt bien réussi et
le film n'ennuie jamais. On ne tiendra donc pas compte de cette idée
sans doute trop mise en valeur, de certains passages prévisibles ou
encore de quelques clichés du genre. Pourtant, Le bon fils prend une tournure assez particulière et plutôt dramatique puisque le film finit sur le choix de la mère d'Henry
(le garçon psychopathe) qui n'est pas facile à faire et qui peut
déstabiliser. Bien que l'on puisse penser que cette fin semble, tout à
fait, convenir à une fin censée plaire au spectateur américain, on
évite tout de même le happy end et la réflexion nous envahit car si le Mark est tout à fait sein dans sa tête, Henry
n'est ni plus ni moins qu'un être humain malade et nécessitant des
soins. On ne restera donc pas indifférent au déroulement final de
l'histoire qui apparaît même poignant.
En deux mots : Le cinéaste américain Joseph Ruben, qui a largement déçu en 2004 avec son film de science-fiction Mémoire effacée, nous prouve qu'il était capable de mieux faire. La preuve avec le très bon thriller Le bon fils; sorti en 1994, qui se révèle très prenant et s'accompagne d'un scénario bien ficelé et doté d'un suspense très présent.
Le bon fils est d'autant plus intéressant qu'il nous offre une prestation magistrale de Macaulay Culkin en enfant diabolique, mais également d'une interprétation plutôt réussie de l'acteur Elijah Wood, ici âgé de seulement 12 ans.
Le tout est soigneusement imprégné d'une ambiance froide et
inquiétante, d'une belle musique et de décors simplement magnifiques.
Un excellent film, qui a peut-être pris un léger coup de vieux, mais
qui vaut largement le coup d'oeil pour les amateurs de thrillers.
Note film : 4/5
Lorsque Brad Pitt se marie avec Angelina Jolie!
Mr and Mrs Smith
de Doug Liman
Le film en détails
Synopsis :
Mr et Mrs Smith forment un couple tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, Mr
Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mrs Smith tueuse à gage
vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les activités de leur
cher et tendre, ils vont pourtant se retrouver en compétition sur un même
"contrat". Comme quoi une scène de ménage au fusil mitrailleur c'est
quand même plus fun qu'avec la vaisselle de Maman...
Durée : 2h00
Sortie cinéma française : 27
juillet 2005
Nationalité : Film américain
Tous publics
Site
officiel
Avis
Avec Charlie et la chocolaterie, La guerre des mondes, Batman Begins, Les 4 fantastiques ou The Island, Mr and Mrs Smith
fait parti des nombreux blockbusters très attendus de l'été 2005. Si ce
n'est certainement pas grâce à son synopsis, qui serait sans doute
passé inaperçu dans d'autres circonstances, c'est bien évidemment avant
tout grâce au budget impressionnant consacré au film, à son casting
composé d'Angelina Jolie et de Brad Pitt et à son réalisateur mais surtout grâce à la campagne publicitaire phénoménale qu'a bénéficié Mr and Mrs Smith,
que ce film d'action fait parti des productions les plus attendues de
l'été. La question est finalement de se demander si les gens
n'attendent pas trop de ce film qui n'est autre qu'une comédie d'action?
La première remarque que l'on peut faire au film Mr and Mrs Smith
n'est pas très positive. En effet, du point de vue visuel, le film est
totalement dépourvu de quelconque beauté. Cet aspect visuel raté est en
partie la conséquence d'une réalisation bâclée et totalement hideuse
qui semble concurrencer avec les clips vidéo les plus laids et les plus
abrutissants. Ca commence vraiment à devenir effrayant de voir tant de
réalisateurs utiliser cette méthode de réalisation qui donne à l'image
du film un aspect visuel plutôt laid et dont la précision n'apparaît
que comme obsolète et dérisoire. Le résultat est que l'image bouge
beaucoup et qu'elle s'accompagne de nombreux passages flous et
troubles. Ici, rien n'est comparable avec une réalisation nerveuse
censée amplifier un effet de terreur, d'action ou autre, mais on se
retrouve devant une production filmée avec beaucoup d'imprécision.
Cette réalisation qui n'est pas des plus agréable pour nos yeux se voit
de plus en plus fréquemment au cinéma telle une mode... Espérons que
celle-ci ne fera pas long feu.
En plus d'une réalisation qui n'est guère bien maîtrisée, le film
s'accompagne d'une photographie qui n'est pas très soignée et dont le
résultat à l'image n'est pas vraiment convaincant. On peut donc
reprocher à la photographie d'être soit trop sombre et le spectateur
peine ainsi à observer les détails de l'image, soit trop claire,
transparente et insipide. On peut également ajouter à cela, des décors
très peu variés et loin d'êtres beaux ou dépaysants et un effet studio
trop présent. Au niveau de son apparence visuelle, Mr and Mrs smith apparaît comme un film moyennement maîtrisé et loin de satisfaire le plaisir de nos yeux.
Exempt d'une esthétique remarquable, on peut donc espérer trouver un
réconfort dans une autre qualité du film. Malheureusement, ce n'est pas
avec le scénario que l'on pourra compenser et obtenir un film de
meilleure qualité. On ne trouve en effet dans le scénario que peu de
passages recherchés, mais les scénaristes semblent, au contraire, avoir
choisi la facilité et simplicité éliminant la moindre once
d'originalité dans la rédaction de leur script. Pourtant, celui-ci se
montre tout de même prenant et arrive à nous surprendre à quelques
moments, interrompant le temps d'un instant sa linéarité et ses effets
prévisibles constants.
Rassurez-vous, on trouve au milieu de ces défauts, quelques éléments
qui font de ce film une bonne comédie d'action. Tout d'abord, l'humour
est très présent durant tout le film et l'on rit souvent de bon coeur
devant un humour, certes, mièvre et simpliste mais très sympathique qui
plonge les personnages principaux dans des situations cocasses et
parfois hilarantes.
Les personnages principaux sont d'ailleurs interprétés par des acteurs
brillants qui font plaisir à voir, mais qui se révèlent surtout comme
le réel (seul?) intérêt du film. Angelina Jolie (Tomb Raider, Alexandre) est simplement sublime dans la peau d'une tueuse à gage et Brad Pitt (Ocean's eleven, Troie) l'est tout autant dans la peau d'un personnage équivalent. Le duo de choc Pitt/Jolie
fonctionne à merveille et nous épate à quelques moments d'action ou
nous amuse véritablement entre querelles amoureuse et règlements de
comptes. Les scènes de ménages qui ont lieues alors qu'ils se font
traqués sont assez rigolotes, il faut l'admettre.
Vince Vaughn (Dodgeball, Be cool)
est également de la partie et interprète (encore) un second rôle de
comiques de service et nous offre une prestation moyenne, pour ne pas
changer.
Bien évidemment, le film est composé d'un tas de cascades qui sont très
impressionnantes et hallucinantes, de combats à mains nues épatants, de
combats avec des armes à la pelle et des petites cachette secrètes pour
les cacher plutôt ingénieuses mais que vous avez déjà pu apercevoir
dans la bande annonce.
Le manque d'originalité du film n'apparaît pas seulement dans le
scénario, mais également dans les noms des personnages qui s'appellent Jane et John Smith.
Bon, je veux bien admettre que c'est pour montrer que ces gens sont, à
la base, comme tout le monde et que l'on ne se doute pas de leur
identité secrète, mais ça semble un peu facile. D'autant plus que ces
noms communs sont aussi révélateurs que la personnalité des personnages
et ne nous en disent pas plus. Autrement dit, ils sont tueurs
professionnels, vivent comme tout le monde, mais après si vous voulez
en savoir un peu plus sur leur psychologie, ce n'est même pas la peine
d'espérer. On est dans un film d'action voyons!!

Finalement, on peut tout de même noter que l'ambiance sonore, excepté
les tirs d'armes à feu ou autre, est plutôt bien réussie et
particulièrement la bande originale qui réunit des beaux morceaux de
musiques.
En deux mots : Le cinéaste américain, Doug Liman, qui avait signé en 2002 le très bon thriller La Mémoire dans la peau, aussi réussi au niveau de son scénario que de sa réalisation, revient avec son nouveau film, Mr and Mrs Smith, malheureusement bien moins réussi au niveau de sa réalisation et un peu plus simple au niveau de scénario.
Cependant, Mr and Mrs Smith
n'en demeure pas moins une comédie d'action très divertissante et qui
réussit amplement son premier objectif, celui de faire passer un très
bon moment au cinéma sans se casser la tête.
Si l'on voit le film avec cette idée en tête, le plaisir de retrouver
un duo d'acteurs détonnant dans une comédie bourrée d'action est
garantit!
Note film : 3/5
13 août 2005
Au pénitencier de l'enfer...
Sleepers
de Barry Levinson
Le film en détails
Synopsis : Au milieu des années soixante quatre gamins du quartier
populaire de Hell's Kitchen de New York sont incarcérés dans une maison de
redressement à la suite d'une plaisanterie qui tourne au drame. Onze ans plus
tard deux d'entre eux, marqués a vie, retrouvent le gardien sadique et
tortionnaire qui les a martyrisés lors de leur détention et l'abattent
froidement. Les deux autres, devenus respectivement journaliste et substitut du
procureur, fidèles à la loi de Hell's Kitchen, vont tout tenter, avec le soutien
du curé du quartier et du parrain de la mafia, pour les sortir de là.
Genre : Drame
Durée : 2h20
Sortie cinéma française : 30 octobre 1996
Nationalité : Film américain
Avis
En réalisant le film Rain Man, à la fin des
années 1980, le cinéaste américain Barry Levinson avait ébloui
et touché le public et la critique, mais avait surtout signé un film récompensé
par quatre oscars, ce qui lui avait valu une renommée internationale.
Après quelques films, loin d'être mauvais mais ne reflétant pas la qualité de Rain
Man comme Toys ou Harcèlement, le
cinéaste refit surface avec un film à la hauteur de toute nos espérances : Sleepers.
Sleepers fait parti des films inoubliables comme on en voit
peu et qui nous marquent.
Tout d'abord, le film se compose d'une histoire bouleversante qui ne peut
laisser personne indifférent. En effet, le spectateur est plongé dans un drame
des plus sombres et des plus choquants racontant la vie de quatre adolescents
dont la vie tourne au cauchemar lorsqu'à la suite d'une bêtise de jeunesse, ces
ados sont envoyés dans une prison pour mineurs. A partir de ce moment, le
spectateur est véritablement mal à l'aise devant l'horreur de la situation où
les jeunes subissent des tortures morales et physiques. Le réalisateur transmet
au spectateur, avec beaucoup de talent et d'humilité, la détresse des jeunes
déjà choqués par les conséquences désastreuses de leur bêtises qui ont engendré
un véritable drame, mais également leur destruction morale et physique par les
abominations et les actes de pédophilies dont ils sont victimes dans ce
pénitencier pour adolescents. Le spectateur n'est d'ailleurs que plus horrifié
et troublé devant ce récit, adapté d'une histoire vraie. Cette histoire vraie
est adpatée de l'autobiographie de Lorenzo Carcaterra, qui
corporduit Sleepers. Grâce à la présence de Lorenzo
Carcaterra à ses côtés, Barry Levinson a donc pu
réalisé un film pourvue d'une grande sincérité. Cette sincérité et cette humilité
se ressentent énormément dans le scénario qui émeut véritablement le spectateur
durant tout le film.
Sleepers déboussole, touche et marque énormément le spectateur
déjà par son histoire véridique particulièrement terrible, mais il est encore
plus mal à l'aise et désemparé devant des scènes brillamment mises en scènes
qui ne montre jamais rien, mais suggère énormément. Ces passages semblent aussi
insupportables pour les enfants que pour le spectateur.
En plus d'un scénario prenant mais plongeant le spectateur dans l'horreur, le
film bénéficie d'une photographie sublime, mais très sombre, ce qui amplifie
l'impression de mal-être des adolescents, ainsi que des adultes qu'ils
deviennent, mais aussi celui du spectateur. La réalisation est également remarquable.
En outre, ce film profite d'un casting très luxueux qui regroupe Dustin
Hoffman (Rain Man, Mon beau-père, mes parents
et moi) remarquable en avocat raté, Kevin Bacon (Hypnose,
Mystic river) terrifiant et épatant dans la peau d'un gardien
pédophile et sadique, Brad Pitt (Fight club, Mr
and Mrs Smith) et Jason Patric (Speed 2,
Narc) étonnants en personnages marqué par leur jeunesse ou
encore Robert De Niro (Heat, Mon
beau-père et moi) en prêtre attendrissant, autant de bons acteurs pour
rendre ce film encore plus passionnant.
En deux mots : Sleepers apparaît comme beau,
véritablement émouvant et très prenant malgré ses quelques longueurs. Le
spectateur est touché durant tout le film et horrifié par la situation dans
laquelle se trouvent les jeunes et dans les conséquences psychologiques que
l'on retrouve dans ces personnages devenus adultes.
Si le film se montre émouvant par son thème, il l'est également grâce à la
solidarité, la fraternité, l'humanité, mais également l'amitié qui règne entre
ses quatre amis qui subissent le pire.
En se préoccupant, en premier lieu, de dénoncer la pédophilie, Barry
Levinson n'en n'oublie pas de dénoncer une système judiciaire
états-unien instable.
Un grand film qui nous prend aux tripes et qui nous bouleverse au plus profond
de nous.
Note film : 5/5






